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Muriel Boudou, présidente de l’Agence Internationale d’Economie Sociale et Solidaire (AI2S)

lundi 26 novembre 2007, par Julie Rimbert

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Quelles sont les missions de l’Agence Internationale d’Economie Sociale et Solidaire ?

L’Agence Internationale d’Economie Sociale et Solidaire a pour objectif de créer, d’animer et de gérer toute action de soutien et de promotion de l’économie sociale et solidaire - environnement, formation, emploi, insertion, tourisme et commerce équitable, droit de l’homme, santé, service à la personnes, financements solidaires, placements éthiques, arts et développement culturel - à l’échelle nationale, européenne et internationale, comme moyen de création de lien, de lutte contre les exclusions. Nos actions portent sur 4 domaines :
- Accueil, écoute, information et orientation des migrants et non migrants porteurs de projets économiques et de solidarités internationales
- Actions d’éducation au développement et à la solidarité internationales (entreprises, scolaires…)
- Evènementiels : conférences, rencontres, colloques…
- Appui aux porteurs de projet et prestations aux acteurs en tant qu’agence (outil technique). Les réseaux de l’économie solidaire diffèrent selon la spécificité des pays. En Afrique, ils sont plutôt impliqués dans le monde rural et l’aménagement du territoire par la réalisation de pistes ou d’un apport de techniques.

Quelle est pour vous la valeur ajoutée de l’économie solidaire ? Pour moi, l’économie solidaire est la petite fille de l’économie sociale. Elle apporte une réelle plus value sociale et sont souvent à la pointe de l’innovation. Beaucoup entreprises dites solidaires étaient pionnières car elles répondaient à des besoins sociaux que l’Etat n’assurait pas. Par exemple, le Crédit Agricole est né sous la forme d’une coopérative au sein de l’économie solidaire pour un meilleur outillage des agriculteurs et une plus grande solidarité professionnelle. L’économie sociale et solidaire a aussi été pionnière dans le domaine des services à la personne en milieu rural avec l’ADMR puisque 80% des structures appartenaient à l’économie solidaire. Beaucoup de coopératives ont été fondées pour pallier aux faiblesses de l’Etat mais elles ont été perverties ensuite par l’économie plus classique. L’économie doit être remise à sa place comme simple moyen de la vie humaine et non comme fin ultime. L’économie sociale et solidaire évite pourtant un coût à la société car elle crée du lien social et respecte la place de l’homme dans la société.

Pourquoi l’économie solidaire n’est-elle pas plus répandue auprès du grand public ?

C’est un des gros problème de l’économie solidaire. Nous sommes innovants mais nous n’arrivons pas à gérer le flux économique engendré nos activités faute de réelle capacité de volume et de réactivité. Il faut permettre à l’économie sociale et solidaire de sortir du maquis. Le réseau de professionnels en son sein est immense mais il n’arrive pas à se répandre et à convaincre le grand public. Pour la faire connaître, il faudrait développer les formations dans le cadre scolaire et auprès des élus. Il faut que les acteurs de cette économie opèrent un meilleur maillage de réseaux dans les territoires en travaillant plus avec les institutions, le monde juridique.


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